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Le confort des trottoirs à Bruxelles : une exigence en marche

  • 20 avr.
  • 4 min de lecture

Dernière mise à jour : 23 avr.

À Bruxelles, les trottoirs se doivent d’être confortables et en bon état. Si cette affirmation peut paraître évidente, sa mise en pratique soulève des questions concrètes. Les textes de loi définissant les caractéristiques d’un trottoir restent en effet imprécis. En revanche, le Plan Régional de Mobilité (PRM) établit un cadre strict pour évaluer le confort des différents niveaux du réseau piéton bruxellois.


Un réseau piéton structuré en cinq niveaux

Le réseau piéton bruxellois s’articule autour de cinq catégories, chacune soumise à des règles spécifiques. Au sommet de cette hiérarchie se trouve la Magistrale Piétonne, définie avec précision dans le PRM : une largeur minimale de 5 mètres, dont 3 mètres dégagés de tout obstacle. Viennent ensuite :

  • le réseau Piéton Plus, qui regroupe les grandes artères piétonnes ;

  • le réseau Piéton Confort, reliant les axes majeurs ;

  • le réseau Quartier, couvrant les voiries locales ;

  • et enfin le réseau des Voies Lentes, totalisant 800 km de parcours piétons, mais sans exigence particulière en matière de confort ou d’accessibilité.


Ces distinctions s’inscrivent dans le cadre de la Spécialisation Multimodale des Voiries (SMV), qui organise l’espace public selon les besoins de chaque mode de transport.



Mesurer le confort : une méthode objective

Comment évaluer ce confort ? Le Plan Régional de Mobilité prévoit qu’un score soit attribué à chaque niveau de réseau piéton après analyse par la chaise d’auscultation du Centre de Recherches Routières (CRR). Cet organisme de recherche, spécialisé dans l’étude des infrastructures routières en Belgique utilise un appareil équipé de capteurs pour mesurer le confort des trottoirs sur une échelle de 0 à 10. À titre d’exemple : la Grand-Place de Bruxelles, située dans le Pentagone, obtient un score de 0/10, tandis que la place du Miroir à Jette atteint la note maximale de 10/10.


Les exigences réglementaires sont claires : un trottoir du réseau Piéton Quartier doit obtenir au moins 6/10, tandis que les réseaux Piéton Confort, Piéton Plus et Magistrale doivent atteindre un minimum de 8/10. Ce cadre strict suppose que les communes et la Région disposent d’une connaissance précise de l’état de leur réseau, ce qui n’a pas toujours été le cas jusqu’à présent.



Des progrès tangibles depuis 2025

Auparavant, chaque commune agissait selon ses propres méthodes, sans coordination globale ou en se limitant à des interventions ponctuelles. Depuis 2025, une dynamique d’harmonisation s’est engagée. Les communes sont désormais invitées à cartographier l’intégralité de leur réseau piéton et à lui attribuer un score précis en termes de confort, grâce à la chaise d’auscultation du CRR. L’état des trottoirs et la conformité des traversées piétonnes sont également évalués par inspection visuelle en utilisant une application mobile d’encodage.



©CRR


Berchem-Sainte-Agathe a été pionnière en réalisant un inventaire complet, avec l’appui de Bruxelles Mobilité et du CRR. Etterbeek finalise actuellement son propre recensement, tandis que des communes comme par exemple  Jette et Ixelles ont également manifesté leur intérêt. À Ixelles, cette démarche s’inscrit dans le cadre d’un plan piéton plus large.



Cartographier pour mieux agir

Pourquoi investir dans une cartographie exhaustive des trottoirs ? Parce qu’une connaissance fine du réseau permet de planifier sa gestion et son entretien de manière ciblée. En croisant toutes les données d’analyse avec les différents niveaux de trottoirs (réseaux Plus, Confort et Quartier), les gestionnaires de voirie peuvent établir des priorités. Rendre le réseau piéton accessible n’est pas un luxe : c’est une nécessité pour garantir son usage par tous, qu’il s’agisse de personnes en fauteuil roulant, de parents avec poussettes ou de citoyens ayant des difficultés à se déplacer. Des trottoirs confortables et en bon état contribuent à une ville plus inclusive et encouragent la marche, un enjeu majeur de santé publique.



Quels obstacles à une cartographie complète ?

Les principaux freins restent le temps et les ressources financières. Un technicien formé équipé de la chaise d’auscultation  peut couvrir en moyenne 5 km de trottoirs par jour. Si cette tâche est réalisable pour les petites communes, elle représente un défi bien plus important en termes de ressources pour les grandes, comme Anderlecht, Bruxelles-Ville ou Schaerbeek. Par ailleurs, il est crucial d’engager une réflexion sur l’équilibre entre l’accessibilité de l’espace public et les contraintes liées au patrimoine.


L’inspection visuelle de l’état du réseau piéton ainsi que des traversées monopolise également des moyens humains importants (+/- 4km de trottoirs peuvent être inspectés en une journée). Ce travail peut néanmoins être effectué par des personnes moins expérimentées. Par exemple à Etterbeek, un groupe de bénévoles formés a pu encoder rapidement les informations nécessaires. Une formation préalable reste toutefois indispensable pour maîtriser les données à renseigner.



Vers un réseau piéton accessible, sécurisé et attractif

Une analyse complète des trottoirs ne constitue qu’une première étape. L’accessibilité n’est que l’un des quatre piliers de la mobilité piétonne, aux côtés de la sécurité, de la continuité et de l’attractivité du réseau. Avec la suppression de l’obligation de réaliser des plans communaux de mobilité, il devient crucial que les communes élaborent des plans piétons.


Ixelles montre l’exemple : soutenue par Bruxelles Mobilité et accompagnée par des bureaux d’études, la commune développe un plan piéton visant à améliorer la marchabilité de son territoire. Walk estime que d’ici 2030, chaque commune devrait disposer d’un plan d’action fondé sur une analyse approfondie de son réseau.


Walk suit de près ces évolutions, tant au niveau régional que communal.

 
 
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